Antirouille électronique/électrostatique, mythe ou réalité?

Une nouvelle technologie de protection contre la corrosion semble vouloir faire son apparition dans le marché automobile. Cette technologie communément appelée « antirouille électronique ou électrostatique » n’est pas une invention récente, et encore moins une invention révolutionnaire.

En effet, ce concept de protection existe depuis des décennies et est quotidiennement utilisé pour protéger des ponts, des aqueducs, des ponceaux, des pieux et plusieurs autres infrastructures métalliques. Mieux connu sous le nom de protection cathodique, ce concept est utilisé sous deux variables : anodes sacrificielles et à courant imposé.

La nouvelle technologie faisant immersion dans le domaine automobile est semblable au modèle de protection cathodique à courant imposé, or il manque un élément essentiel pour son fonctionnement. Ce concept utilise une source d’énergie externe pour émettre un courant dans le métal qui lui permettra de garder un niveau d’activité électrostatique répondant aux critères de protection de NACE international (National Association of Corrosion Engineers). Pour être fonctionnel, ce système doit contenir 4 composantes essentielles qui sont : l’anode, la cathode, la source de courant ainsi qu’un électrolyte.

Cathode : La cathode est le nom du métal qui reçoit l’électron dans le processus (métal protégé).

Anode : L’anode est la composante du système qui protège la cathode en lui transmettant les électrons.

Source de courant : La source de courant, connu sous le nom de redresseur, transforme le courant alternatif en courant direct pour alimenter l’anode.

L’électrolyte : L’électrolyte est une substance conductrice permettant le passage de courant grâce à leurs ions mobiles.

Par exemple, pour la protection des aqueducs, une anode est installée sous-terre et est connectée directement à un redresseur de courant (source de courant) et à l’aqueduc en question. Dans ce processus, le redresseur agit en tant que source de courant, l’anode agit en tant qu’anode, l’aqueduc agit en tant que cathode et le sol en tant qu’électrolyte. Dans cette situation, la protection cathodique est efficace, car les 4 conditions sont réunies.

La protection cathodique à courant imposé repose sur le principe de conductivité électrique. Pour qu’un circuit électrique soit fonctionnel, il ne doit pas être rompu et le courant doit pouvoir partir de sa source et y revenir. Dans l’exemple précédent, le courant voyage de par le redresseur à l’anode grâce aux câbles reliées et se dirige vers l’aqueduc grâce au sol (électrolyte) pour revenir à la source de courant au moyen de câbles reliés de l’aqueduc au redresseur. Étant donné que le circuit est fermé dans cet exemple, le système de protection contre la rouille est efficace.

Or, le système inventé pour l’automobile ne peut pas être fonctionnel étant donné qu’aucun électrolyte est présent ce qui résulte à un circuit électrique non complet (aucune protection contre la rouille). En effet, pour être efficace, un système du genre devrait être installé sur un automobile enterré ou submergé dans l’eau. Étant donné qu’il n’est pas recommandé d’immerger sa voiture pour permettre au système de fonctionner, ce système est inutile et inefficace.

À ce jour, aucune solution miracle nous permet d’assurer une protection contre la corrosion sur nos voitures.

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